Une documentation inédite pour les chercheurs

Hugues Vertet (1921-2015), archéologue auvergnat, a beaucoup contribué à la connaissance de Lezoux antique dans les années 1960-1970.
Premier conservateur du musée de la céramique à Lezoux, il a fait don au Département, pour le musée, de l’ensemble de sa documentation scientifique.

Ces archives sont en cours de traitement pour les rendre accessibles aux chercheurs.

Sommaire

Hugues Vertet (2 avril 1921 - 11 mars 2015)

Fonds Hugues Vertet

Grand nom de l’archéologie auvergnate, Hugues Vertet a mené ses recherches sur les ateliers de potiers de la Gaule centrale. Professeur de lettres classiques, c’est d’abord en tant que bénévole qu’il réalise ses enquêtes archéologiques, qu’il publie dès 1945 dans le bulletin de la Société d’histoire et d’archéologie de Vichy et des environs.

Parti en Algérie, il est nommé conservateur du musée de Philippeville. De retour en France, il intègre en 1959 le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) en tant que stagiaire de recherche. Parrainé par Jean-Jacques Hatt dont il suivit les cours de céramologie à la faculté des Lettres de Clermont-Ferrand, Hugues Vertet gravit les échelons et devient directeur de recherche. En 1974, il reçoit la médaille de bronze du CNRS.

Ses recherches se concentrent sur les ateliers de potiers gallo-romains du département de l’Allier et de Lezoux, mais il intervient également sur de nombreuses autres fouilles, par exemple aux Martres-de-Veyre, à Courpière (Puy-de-Dôme), à Lyon (site de la Muette) ou encore à Gueugnon et à Autun (Saône-et-Loire).

À Lezoux, il s’efforce d’anticiper les destructions des vestiges archéologiques face à l’urbanisation de la ville en fouillant autant que possible en amont les parcelles concernées.
Il s’évertue également à créer un dépôt de fouilles et à mettre en place des lieux d’accueil pour les nombreux fouilleurs bénévoles.
En 1966 et jusqu’au milieu des années 1990, il est conservateur – bénévole – du musée municipal de Lezoux, dont il a contribué à la mise en place.
Ses intérêts scientifiques se portent sur les productions céramiques et sur les hommes qui en sont à l’origine. On lui doit ainsi de nombreux travaux sur la sigillée (dont une première typologie sur les productions moulées de Lezoux parue en 1972), la céramique à glaçure plombifère de l’Allier, les oscilla, les lampes à huile ou encore les figurines en terre blanche et les marques de potiers. Ses préoccupations se sont également souvent portées sur les influences perçues ou exercées entre les ateliers de différentes régions.

En plus de ces activités, il est président de la Société française d’étude de la céramique antique en Gaule (SFECAG) de 1978 à 1984, à la suite de Jean-Jacques Hatt. Il est également rédacteur en chef de la revue archéologique Sites pendant une vingtaine d’années à partir de la fin des années 1970.
En 2012, il fait don au musée de la Céramique de Lezoux de l’ensemble de sa documentation scientifique, publiée ou inédite.

Composition du fonds d'archives

Modalités de consultation

Le fonds est consultable par les chercheurs et les étudiants (masters et doctorants) qui en feront la demande argumentée auprès de la direction du musée.

Une documentation très riche sur Lezoux

Une riche documentation est générée par les opérations archéologiques dirigées par Hugues Vertet à Lezoux entre 1962 et 1981. Elle se rapporte à 21 lieux d’observation et de fouilles au sein de l’agglomération.

Elle correspond à des clichés photographiques (diapositives, négatifs, tirages papier), à de la documentation graphique (relevés archéologiques, dessin de mobilier) et manuscrite (carnets de terrain, notes de fouille, courriers), ainsi qu’à des documents administratifs (autorisations d’opération, subventions, dépenses, équipe de fouille).

Les photos sont les archives les plus nombreuses avec, entre autres, plus de 2000 tirages papiers et plus de 1000 diapositives. Elles livrent des images parfois inédites de la fouille ainsi que des vestiges et du mobilier mis au jour. Elles sont ainsi complémentaires des relevés archéologiques (environ 80 plans et coupes) et des carnets et notes de fouilles.

Le contenu des carnets de terrain est inégal d’un site à l’autre, mais il offre néanmoins pour certains chantiers un bon aperçu du déroulement des investigations.
La conservation des fiches d’inscription des fouilleurs témoigne de la renommée du site de Lezoux dès les premières années de son exploration et de l’attractivité que ce lieu pouvait exercer sur les étudiants et les historiens de l’époque. Certains participants deviendront d’ailleurs des grands noms de l’archéologie nationale et internationale.

Le tri et l’inventaire précis de ces archives a permis d’attribuer la quasi-totalité des documents à l’année de leur création ainsi qu’à leur lieu de découverte.
Les sites sont inégalement renseignés par la documentation existante : on ne dispose malheureusement pas pour chacun d’eux de tous les types d’archive disponibles.

L’ensemble de la documentation offre néanmoins une vue précise des fouilles dirigées par Hugues Vertet et la reprise analytique de ces archives livrerait des informations en partie inédites sur les ateliers et l’habitat lezoviens.

Les archives de Lezoux

La documentation générée par les opérations archéologiques dirigée par Hugues Vertet.

Direction générale de l'Aménagement et du Territoire

Article mis à jour le 28 septembre 2017