N° 7 Hôpital Mon Repos et Jardin de l’Hôpital

1963-1966

De nombreuses interventions archéologiques se sont succédées à l’emplacement de la maison de retraite Mon Repos, au cœur du groupe des ateliers de Saint-Taurin. Depuis 1957 jusqu’à 2011, elles ont consisté pour la plupart en des fouilles ponctuelles de courte durée, concentrées sur de petits espaces.

Sommaire

Descriptif des découvertes

Les résultats montrent une longue occupation du lieu depuis le Ier siècle de notre ère jusqu’à l’époque médiévale.
Pour explorer ce secteur entre 1963 et 1966, Hugues Vertet s’associe avec les archéologues anglais Sheppard Frere et Brian R. Hartley, et avec Gabriel Fournier, alors professeur d’Histoire du Moyen Âge à la Faculté des Lettres de Clermont-Ferrand. Ce dernier fouillera en 1964 le square de l’Hôpital, alors place du Pilori (site no 10). À l'est de ces excavations, se trouve le site de l’Œuvre Grancher, exploré entre 1977 et 1980 par Hugues Vertet et Philippe Bet (site no 9).
Les vestiges mis au jour les plus marquants sont des bâtiments excavés antiques et médiévaux ainsi qu’un four de potier du IIe siècle.

L’occupation antique

L’occupation du secteur est attestée dès le Ier siècle de notre ère. En dehors de fosses isolées, le vestige le plus important est une cave (1). Les sigillées retrouvées piégées dans le niveau de sol sont attribuées à l’époque de Trajan, indiquant une utilisation de la cave entre la fin du Ier et le début du IIe siècle. Un demi-siècle plus tard, le bâtiment est abandonné et remblayé avec des déchets de fabrication de céramiques ; des moules de vases signés CINNAMUS ont notamment été retrouvés. Certains murs et une partie du niveau de sol en terre battue ont été endommagés par le creusement de fosses aux époques médiévale et moderne. Les murs de la cave sont bâtis à l’aide de pierres liées par de l’argile, technique qui avait déjà été observée en d’autres endroits à Lezoux. La surface du bâtiment est réduite (3 m sur 2,75 m). On y accédait par un escalier (disparu), qui débouchait sur un palier marqué par un seuil formé de dalles de pierres. Dans le mur à proximité de l’entrée, un fragment de chenet à tête de bélier était remployé dans la maçonnerie (2).

Immédiatement au sud, une seconde cave est accolée à la première. Il n’en subsiste que le mur nord et une partie du mur sud, le reste ayant été détruit par une construction supposée du haut Moyen Âge, aux fondations faites de gros blocs de pierre et à l’élévation en pisé.

En 1956 et 1957, un four du IIe siècle avait été mis au jour par le Comité archéologique de Lezoux. Il est de nouveau observé en 1963 par Hugues Vertet (3). Il s’agit d’un four canal dont l’alandier est construit au moyen de tuiles à rebord liées par de l’argile. Celui-ci se prolonge dans la salle de chauffe par un canal, afin d’assurer une bonne répartition de la chaleur sous le laboratoire, disparu mais supposé être de plan ovoïde. Deux états de construction sont distingués lors de cette exploration, mais la fouille de 2011, à l’occasion de laquelle la structure artisanale pût de nouveau être observée, suggère au contraire qu’un seul état a probablement existé. Au vu de son architecture, ce four date de la première moitié du IIe siècle. D’après le mobilier qui lui est associé, il semble avoir fonctionné dans les années 140/160. C’est également durant le IIe siècle qu’un vaste dépotoir est constitué. Celui-ci a livré presque uniquement des assiettes creuses fabriquées durant le dernier tiers de ce siècle (formes Lez. 54 et Lez. 56 d’après les fouilles de 2011).

L’occupation médiévale

Les fouilles de Brian R. Hartley et Sheppard Frere en 1963 mettent en évidence l’occupation médiévale de ce secteur. Trois bâtiments excavés sont creusés dans le substrat sableux, aux abords de l’ancien four du IIe siècle. Ils sont bâtis au moyen de murs en pisé (conservés sur une hauteur de 1,50 m) installés sur des fondations de pierres et sont couverts de tuiles. La fouille de l’un de ces bâtiments a révélé la présence d’un foyer et d’un niveau d’occupation (4), excluant la fonction de cave. Le remblai noir qui comblait ces structures a livré de la céramique médiévale décorée de bandes digitées et marquées à la roulette, des fusaïoles en céramique et des fragments de meule à bras. Une quatrième cave, datée des Xe-XIe siècles, est découverte en 1965.

Une datation archéomagnétique est réalisée à l’époque sur le foyer de la première cave, par le Laboratoire archéologique d’Oxford. Les analyses ainsi que la céramique, marquée notamment par l’absence de vases glaçurés, placeraient la datation du bâtiment antérieurement au XIIIe siècle, plus précisément aux XIe et XIIe siècles. Cette cave est de nouveau observée lors de la fouille de 2011, durant laquelle deux états de fonctionnement ont pu être mis en évidence : dans un premier temps, le bâtiment excavé est construit sur des poteaux porteurs avant d’être réaménagé plus tard sur une assise de pierres et de terres cuites architecturales.

Bibliographie utilisée

  • Collectif : Alfonso G., Arnaud P., Baucheron F., Bet P., Bleu S., Chuniaud K., Delage R., Pouenat P., Lezoux gallo-romain, cinq années d’archéologie préventive, 2008-2012, Conseil départemental du Puy-de-Dôme, 2013, 120 p.
  • Frere, Hartley 1966 : FRERE S., HARTLEY B. R., Fouilles de Lezoux (Puy-de-Dôme) en 1963, Cahiers de civilisation médiévale, 36, 1966 : 557-563.
  • Vertet 1964 : VERTET H., Rapport de fouilles de la campagne de Lezoux, printemps 1964, Rapport d’opération archéologique, 1964, 4 p.
  • Vertet 1965 : VERTET H., Fouilles d’urgences de Lezoux, 1965, Rapport d’opération archéologique, 1965, 4 p.
  • Vertet 1969 : VERTET H., Les fouilles officielles, Bulletin du Comité archéologique de Lezoux, 2, 1969 : 12-21.
  • Vertet 1970 : VERTET H., Les fouilles officielles, Bulletin du Comité archéologique de Lezoux, 3, 1970 : 9-13.

Fonds Hugues Vertet

Carnet/notes de fouilles : 2 carnets de fouilles (1963 ; 1964) ; 17 p. de notes (1963 ; 1964 ; 1965 ; 1966 ; année inconnue)
Clichés photographiques : - diapositives : oui
- tirage papier : 165 ex. (dont doubles ; 1963 ; 1964)
- planches contact : 4 pl. (1964)
thèmes : vestiges ; mobilier ; ambiance
Documents graphiques : - relevés des vestiges - en plan : 1 pl. (1963)
- en coupe : 1 pl. (1963)
- dessin de mobilier - céramique : 23 pl. (1963 ; 1964 ; année inconnue)
- frottis de décor moulé : 18 décors (1965)
Travaux : - inventaire céramique (1965)
- thermoluminescence
Rapport d’opération : 1963 (texte) ; 1964 (texte) ; 1965 (texte)
Documents administratifs : - demande d’opération (1964)
- factures/dépenses (1963)
- équipe de fouille (1963)
Autre : objectifs de la fouille de 1965

Direction générale de l'Aménagement et du Territoire

Article mis à jour le 27 avril 2018