Fusion entre la photographie argentique et la terre

Pendant le confinement, vous avez regardé l'exposition virtuelle en 8 épisodes.  Le travail de Mélodie Meslet-Tourneux est passionnant entre archéologie, photographie argentique et art contemporain. A voir au muséeOuvre un lien interne dans la fenêtre en cours à partir du 29 juin.

Exposition virtuelle en 8 épisodes

Mélodie Meslet-Tourneux vient à vous !

[Artiste en résidence 1/8]

Un travail passionnant entre archéologie, photographie argentique et art contemporain.
Mélodie Meslet-Tourneux est une artiste tactile. De loin, déjà, on sent ses mains qui s’agitent lorsqu’elle prend la parole pour dire, en quelques mots, son amour de la photographie et de la sculpture.
Sa démarche artistique est marquée par ses différentes rencontres et par l’expérimentation. Son terrain d’expérimentation s’inscrit dans une « forme d’errance volontaire ».
Elle part régulièrement à la rencontre des artisans qui façonnent la terre, en Algérie, au Maroc, au Japon, en Mongolie, au Burkina Faso… Elle les observe, s’imprègne, photographie, tisse un lien.

[Artiste en résidence 2/8]

Mélodie Meslet-Tourneux a passé l’automne 2019 au Musée départemental de la Céramique à Lezoux. Elle s’est littéralement plongée dans le fonds d’archives de l’archéologue Hugues Vertet, premier conservateur du musée, qui a légué l’ensemble de sa documentation scientifique au musée en 2012. Au milieu des très nombreux documents du fonds, ce sont les photographies argentiques qui ont attiré l’attention de l’artiste.
A partir de ses découvertes de ces démarches scientifiques, Mélodie Meslet-Tourneux a émis ses propres hypothèses, et inventé une nouvelle archéologie.
Fascinée par ce monde, l’artiste a choisi d’en faire sa principale source d’inspiration.

[Artiste en résidence 3/8]

Le fonds Hugues Vertet recèle de nombreux « trésors », notamment des tirages de photographies argentiques et des négatifs par centaines, des prises de vue en studio, aux terrains de fouilles. Au-delà d’un outil nécessaire aux scientifiques, Mélodie Meslet Tourneux a été frappée par la portée esthétique de ces images. A ces photographies s’ajoutent les fragments de terres sigillées: fêlées, cassées, reconstituées, créant de nouvelles formes très graphiques.
La série Fragments rassemble ces céramiques tronquées sur lesquelles sont imprimées les photographies de fouilles, terrain de découvertes archéologiques. Avec l’accord du musée, elle a alors utilisé les images d’Hugues Vertet et d’autres anonymes constituant le fonds pour détourner ces photographies de leur fonction première.
C’est en chambre noire qu’elle leur a donné une autre existence.

[Artiste en résidence 4/8] Porcelaine

Le frottage archéologique est une étape du travail d’étude. Il consiste à reporter un motif en relief ou une forme sur un papier très fin à l’aide de carbone.
Au cours des trajets piétons entre son logement et le musée, Mélodie Meslet-Tourneux a répété ce geste d’archéologue et réalisé ses propres prospections, ramassant cailloux, papiers, mégots,...
Après un référencement scrupuleux, respectant la méthodologie précise du scientifique, l’artiste a réalisé l’empreinte de ces objets sur du papier porcelaine.
L’accumulation de ces frottages est à l’image de la profusion de documents découverts dans le fond Hugues Vertet et présente une certaine archéologie du quotidien.

[Artiste en résidence 5/8]

Parmi les nombreuses pièces répertoriées dans les réserves du musée, les colifichets ont attiré l’attention de Mélodie Meslet-Tourneux. Daté de l’époque gallo-romaine, le colifichet est une petite galette d’argile fraiche, pincée et placée dans un four de potier pour stabiliser les vases lors de l’enfournement. Il révèle souvent les empreintes digitales des artisans qui participaient à cette étape de la cuisson. La découverte de ces traces papillaires ont permis aux archéologues de mieux comprendre le fonctionnement d’un atelier de potier antique.

Mélodie Meslet-Tourneux a invité les visiteurs du musée à créer leurs propres colifichets et à laisser leurs traces. Leur mettant des plaques en porcelaine fraîche à disposition, elle leur a proposé de réaliser un geste avant de reposer l’objet. L’artiste a effectué des relevés réguliers pour cuire et figer les gestes des participants.
crédits photo : Mélodie Meslet-Tourneux

[Artiste en résidence 6/8]

En parallèle de l’œuvre participative, Mélodie Meslet-Tourneux a créé ses propres colifichets. Manipulant la porcelaine de manière spontanée, elle a à son tour figé son empreinte. Puis, elle a fusionné son geste avec les photographies de tessons sigillées du Fond Hugues Vertet, associant les motifs des céramiques aux pièces qui servaient à les enfourner.

[Artiste en résidence 7/8]

Mélodie Meslet-Tourneux envisageait de créer des pièces en sigillée. Observant que les trois mois seraient insuffisants pour maîtriser une nouvelle technique, elle l’a abordé sous une forme plus expérimentale.
Au début de sa résidence, elle a eu la chance de rencontrer
Jean-Jacques Gentil. Installé à Blesle en Haute-Loire, il expérimente depuis des années les argiles locales pour créer ses propres sigillées.
Jean-Jacques Gentil a recommandé quelques lieux à l’artiste dont «La terre des taupes».
En parallèle de ses recherches archéologiques l’artiste est allée directement récolter diverses argiles, appareil photographique à la main.

[Résidence d'artiste 8/8]

Et voici l'épilogue du récit de la résidence d'artiste Mélodie Meslet-Tourneux au Musée départemental de la Céramique à Lezoux. Toutes ses oeuvres ont été réunies dans une exposition inaugurée le 13 février dernier. Nous essayerons de garder l'exposition après la réouverture du musée.
Ce travail a été également publié dans un catalogue "Strates" qu'il est possible de se procurer gratuitement auprès du musée.

Exposition Mélodie Meslet-Tourneux

Contact

Fabienne Gateau
04 73 73 94 39
fabienne.gateauping@puy-de-domepong.frOuvre une fenêtre pour envoyer un mail