Fire Places,

Du 19 mai au 20 septembre, le Musée départemental de la Céramique présente une exposition de l'artiste Camille Grosperrin.

Passionnée de la figure animale, Camille Grosperrin s'épanouit en mêlant trois disciplines artistiques : le dessin, la sculpture et la vidéo.

Sommaire

Fire Places, variation autour du feu

Expo Camille Grosperrin

Expo Camille Grosperrin, artiste en résidence au musée de la Céramique à Lezoux

"Fire Places" est la restitution de la résidence de Camille Grosperrin qui s’est tenue au musée entre septembre et décembre 2020.

Durant trois mois, l’artiste a travaillé en confrontant ses recherches personnelles aux collections du musée. Elle y a trouvé de nombreux éléments faisant écho à ses préoccupations récentes, notamment autour des objets et des cultes liés au feu, à la cheminée, aux foyers, et à leur lien étroit avec la présence animale. "Fire Places" présente, pêle-mêle, les œuvres nées de ce travail dans des médiums variés, incluant bien sûr la céramique.

Camille Grosperrin a été frappée par la diversité des céramiques présentes au Musée de la céramique. « Je regarde leurs motifs, noyés dans la couleur orange lustrée caractéristique de la sigillée et disparaissant dans les ombres creuses des moules. » Les répertoires de motifs dessinés par les archéologues dans des catalogues classés par lieu de fouilles (…) deviennent des éléments indépendants que l'on peut associer pour se raconter autre chose, en sautant visuellement de l'un à l'autre, dans une forme proche de la bande dessinée. Les voir ainsi me donne à mon tour envie d'observer, cataloguer, dessiner, classer et associer ces motifs pour tirer de ces images nouveaux sens, de nouvelle histoires possibles et les incarner dans la sculpture »

Camille Grosperrin, mon séjour en résidence

"Un mois après mon arrivée en résidence au musée de la céramique de Lezoux, nous étions confinés. Ce fut un double isolement, car une résidence artistique est déjà, de fait,  un moment où l’on se retrouve loin de chez soi, de sa famille et de ses amis pour se concentrer sur sa pratique artistique dans un temps et un lieu donnés. L’atelier devient alors notre seul environnement pour les semaines que nous y passons à travailler, c’est à dire à écrire, lire, chercher, dessiner, manger, réfléchir, parfois dormir, et dans mon cas à sculpter, cuire, émailler, cuire encore. 

Durant cette période étrange où la solitude du confinement venait doubler celle de l’atelier, mes seuls contacts avec le monde extérieur étaient mes allers-retours entre le musée et mon logement. Je ne prenais qu’un seul chemin, toujours le même, une petite rue de la vieille ville. J’effectuais toujours ces trajets accompagnée de ma chienne Mia, que j’avais eu le droit de prendre avec moi. Durant ces trois mois, les seules rencontres que j’ai faites, en dehors de l’équipe du Musée et du potier Didier Marty, tiennent dans ces brefs trajets quotidiens. Et les seuls Lezoviens à qui j’ai pu parler, ceux qui étaient dehors, dans la rue, étaient des propriétaires de chien en train de promener leurs animaux. Je les croisais tous les jours. 

Il s’est alors tissé quelque chose de simple et de doux entre nous, dans les quelques paroles échangées, les gestes de la main, les saluts, les quelques mètres de trottoir partagés dans une courte marche. J’attendais ces rencontres et je les recherchais. Elles me nourrissaient, elles nourrissaient mon travail. 

Gérard, Marlène, Hélène, Christian… Leur présence quotidienne dans mon environnement, dans la ville désertée, faisait écho à mes recherches autour du chien et du feu dans les archives du musée et m’a permis d’envisager la réalisation, ensemble, d’un rite païen qui se tiendrait dans la ville, en complicité avec les habitants  les habitants cynophiles de Lezoux. 

Fire places est le résultat de ce travail.

L’exposition retrace, comme un compte rendu, mes premières recherches autour de la présence ou de l’absence de figure animale dans la céramique Gallo-romaine, des objets zoomorphes dans les rites liés au feu, et présente les « chiennets », un ensemble de sculptures-foyers, ainsi que mes échantillons d’émaux à base de cendres de bois. Enfin, la vidéo retraçant l’activation de mes sculptures par les habitants, chez eux."

Direction générale de l'Aménagement et du Territoire

Article mis à jour le 18 mai 2021