Homo Duplicator

Regarder les objets en sigillée conservés au Musée non comme des vaisselles de table ou même des céramiques, mais comme des supports d'images et de signes que des techniques de duplication en série ont permis de diffuser.

C'est ce que propose la prochaine exposition temporaire « Premières impressions, Homo Duplicator » qui sera présentée du 06 juin au 31 décembre 2020.

L'argile, un support de reproduction

Bien avant l'invention de l'imprimerie, au sens où nous l'entendons communément, des artisans ont sculpté sur des outils, parfois minuscules, les images, les motifs, ou encore les petites scènes mythologiques qu'ils souhaitaient reproduire. L'argile a été à ces outils, les sceaux, les sceaux-cylindres, les poinçons-matrices des potiers, le support que sera plus tard le papier aux caractères d'imprimerie ou aux planches de gravure.

Des potiers gallo-romains à Guttenberg, histoires de reproduction

En déroulant le fil des comparaisons à partir de ces beaux -et rares- objets que sont les poinçons-matrices utilisés par les potiers gallo-romains de Lezoux, et en faisant toutes sortes de détours, notamment par l'Asie, on s'interrogera sur l'apparition de l'imprimerie. On verra aussi qu'il n'est pas nécessairement pertinent de distinguer l'impression des images ou des écritures de la fabrication d'objets  « en trois dimensions ».

Pour parvenir à imprimer des livres en série Gutenberg a d'abord, et peut-être surtout imaginé des procédés de reproduction en grandes quantités d'objets en volume, les caractères de métal, en puisant probablement dans les traditions des orfèvres.

Passion Homo duplicator

L'imprimante « 3D » nous a paru une invention fascinante, sans doute parce qu'elle réalise ce rêve de la matérialisation immédiate d'un objet tout juste imaginé, mais ne peut-on penser que les hommes du néolithique aient éprouvé la même fascination devant des procédés qui nous apparaissent aujourd'hui triviaux: l'empreinte d'un sceau; la figurine d'argile sortie de son moule; l'objet sculpté dans un bloc de cire d'abeille transformé en objet de métal?

Tout cela nous évoque une nécessité des sociétés reposant sur la division du travail, où quelques-uns fabriquent des objets en série pour le plus grand nombre, mais où semble aussi transparaître comme une passion de l'Homo Duplicator pour la reproduction des images et des objets. Passion pouvant investir tous les domaines, de la céramique à la métallurgie en passant par le textile ou la pâtisserie...

Transparaît aussi, évidemment la quête de la société industrielle: mécaniser ces procédés pour fabriquer toujours plus vite et en plus grandes séries, pour le meilleur et pour le pire...