1972-1976

Également nommée nécropole Chassagne, la nécropole des Religieuses est connue depuis le XIXe siècle. Des sépultures avaient alors été découvertes par l’abbé Constancias et le docteur Plicque puis, dans les années 1930, par Charles Fabre.

Sommaire

Descriptif des découvertes

Située au lieu-dit Pré Tardy, à l’ouest du groupe des ateliers de Saint-Taurin, elle est la plus importante nécropole de Lezoux du fait de la densité des sépultures qu’elle regroupait. Le nombre d’inhumations et d’incinérations s’élèverait ainsi à 500 au moins, leur chronologie s’échelonnant du Néolithique à la fin de l’Antiquité.
Entre 1972 et 1976, Hugues Vertet en découvrit 181, dont 174 d’époque antique. Au début des années 1980, le travail de thèse de Christian Mondanel a apporté un certain nombre de précisions sur les pratiques funéraires et l’agencement de la nécropole, ainsi que sur le mobilier associé aux sépultures.

Description

Les tombes

Les tombes les plus anciennes datent du Néolithique et correspondent à des inhumations. Des crémations de la Tène ancienne et de la Tène finale sont également attestées. Ces occupations anciennes restent toutefois diffuses et c’est durant l’Antiquité que la nécropole est la plus densément investie.
Aucune organisation de l’espace funéraire n’a été perçue en fonction de la chronologie des sépultures, en dehors d’un éventuel regroupement des tombes à la fin de l’Antiquité. La population enterrée regroupe adultes et enfants en bas-âge.

Pratiques funéraires

Durant l’Antiquité, et plus spécialement durant le Ier siècle, les incinérations semblent être les plus nombreuses, d’après l’étude de Christian Mondanel. Les cendres du défunt sont alors placées dans un vase en céramique, plus rarement dans un récipient en verre. Ce dernier est déposé dans une fosse et généralement protégé par un second vase (1). Dans d’autres cas, les résidus de crémation sont déposés dans des fosses et accompagnés de dépôts de vaisselle (2). Les enfants en bas-âge sont généralement inhumés dans des vases-cercueils (bassine en céramique).
La pratique de l’inhumation se généralise à partir du IIe siècle et devient prédominante au siècle suivant (3). Le défunt est parfois enterré avec des effets personnels et/ou de la vaisselle. Celle-ci se compose généralement de récipients qui se rapportent à de la nourriture solide et d’autres qui appartiennent au service de la boisson. Elle évoque le banquet funéraire et contenait le repas offert au mort comme viatique.

Les types d'objets

Le mobilier déposé dans les sépultures correspond pour l’essentiel à des vases en céramique, auxquels s’ajoutent quelques récipients en verre et des lampes à huile. Quelques effets personnels tels que des fibules (4), des bagues et des bracelets ont été retrouvés, de même que des tintinnabulae (clochettes). Une plaque de plomb repliée sur une monnaie de Trajan a également été découverte (5). Gravée d’un texte en « gallo-latin » sur ses deux faces internes et percée de deux trous de suspension, elle pourrait correspondre à une sorte d’amulette.
Concernant les rites funéraires liés au mobilier, le bris et la mutilation volontaire de vases dans les tombes ont été observés, de même que le remploi de ratés de fabrication dans les dépôts funéraires.

Autres découvertes

Un enclos funéraire quadrangulaire délimité par un fossé (16 x 7,5 m) a également été mis au jour. Les nombreuses céramiques retrouvées dans la structure fossoyée placent la datation au début du Ier siècle. Parmi elles, une petite jatte à bord rentrant en céramique commune claire présente une inscription gravée à l’intérieur de la panse, avant cuisson, et dédiée à la déesse Rosmerta.

Enfin, des inhumations d’animaux, dont celle d’un cheval (6), se trouvaient parmi les sépultures, mais leur datation n’est pas établie.

Bibliographie utilisée

  • Lambert 2014 : LAMBERT P.-Y., Terrine de Lezoux : que faisait Rosmerta dans cette nécropole ? Dans Bet P., Dousteyssier B. (dir.), Éclats arvernes, fragments archéologiques (Ier-Ve siècle apr. J.-C.), Presses universitaires Blaise Pascal, 2014 : 170-171.
  • Mondanel 1982 : MONDANEL C., Nécropoles et sépultures gallo-romaines en Auvergne, Thèse de doctorat de 3e cycle, sous la dir. de M. Poursat, Université Clermont-Ferrand II, 1982, 3 vol.
  • Poursat 1973 : POURSAT J.-C., Circonscription d’Auvergne, Gallia, 31-2, 1973 : 439-450.
  • Poursat 1975 : POURSAT J.-C., Circonscription d’Auvergne, Gallia, 33-2, 1975 : 423-438.
  • Vertet 1988 :VERTET H., Observations sur une coupe dédiée à Rosmerta et à Regina, découverte à Lezoux dans un fossé funéraire tibérien, Revue archéologique Sites, 34, 1988 : 7-14.

Fonds Hugues Vertet

Carnet/notes de fouilles : 17 carnets (1972 ; 1976) ; 1 p. de notes
Clichés photographiques : - négatifs : 1 ex. (1976)
  - diapositives (1972 ; 1973 ; 1974 ; 1975)
  - tirage papier : 418 ex. (dont doubles ; 1972 ; 1973 ; 1974 ; 1975 ; année inconnue)
  - planches contact : 4 pl. (1974 ; année inconnue)
thèmes : vestiges ; mobilier ; ambiance
Documents graphiques : - plan général des vestiges - plan de masse (année inconnue)
    - carroyage (1974)
  - relevés des vestiges - en plan : 34 pl. (1973 ; 1974 ; 1976)
    - en coupe : 6 pl. (1972 ; 1974 ; 1976)
  - dessin de mobilier - céramique : 87 p. (1972 ; 1973 : 1974 ; 1975 ; année inconnue)
    - autre (préciser) : année ; quantité
Travaux : - inventaire céramique (1972 ; 1973)
  - étude anthropologique : inhumations d’enfants
  - étude d’autres mobiliers : chenets (photos, dessins, bibliographie) ; inscription du pendentif de Trajan ; inscription de la coupe Rosmerta
Rapport d’opération : - 1972 (texte)
Documents administratifs : - autorisation de fouilles (1974 ; 1976)
  - demande de subventions (1972 ; 1974)
  - factures/dépenses (1972)
  - équipe de fouille (1975 ; 1976)
Autres : - articles divers
  - extraits de la thèse de Christian Mondanel (1982)

Direction générale de l'Aménagement et du Territoire

Article mis à jour le 17 septembre 2018