N° 16 – Route de Maringues - Les Plantades

1963-1964

Le site des Plantades a livré les vestiges d’un atelier de potiers ayant fonctionné durant la première moitié du IIe siècle principalement. Il comprend cinq fours, des aires dallées, des dépotoirs et des canalisations.

Sommaire

Descriptif des découvertes

La forte proximité et la succession des fours découverts témoignent de l’intense activité du groupe des ateliers de la route de Maringues à cette période. Les fouilles sont réalisées dans des conditions difficiles, sous la pluie et la neige, avec de fréquentes remontées d’eau. Hugues Vertet est secondé par Gabriel Fournier, professeur à la Faculté des Lettres de Clermont-Ferrand.

Un ensemble de cinq fours

Dans le courant de la première moitié du IIe siècle, cinq fours prennent place dans un ou plusieurs bâtiments antérieurs, dont les murs ont déjà été arasés par l’installation d’une aire dallée (1).

Un premier four quadrangulaire est aménagé dans l’angle nord-ouest du bâtiment (2). D’environ 1 m de côté, il est construit à l’aide de tuiles et de briques. Il est doté d’un petit alandier, dallé de tuiles (0,60 m de long), et d’une chambre de chauffe. Un muret central construit en briques supportait la sole (disparue).
Il est considéré comme ayant servi à cuire des vases à relief d’applique et des lampes à huile. En effet, quatre lampes complètes signées par SVRILLUS, en activité durant le IIe siècle, et des moules de lampes ont été retrouvés dans le four.

L’installation du four quadrangulaire a en partie endommagé un autre four qui lui était antérieur et qui se trouvait immédiatement au sud, l’ouverture des deux structures se faisant face (3). Ce second four, de plus petite taille, est bâti à l’aide de tuiles liées à l’argile et doté d’une chambre de chauffe circulaire. Une lampe à huile intacte signée SVRILLI a également été découverte dans la structure (4), mais elle provient peut-être des perturbations liées à la construction du four quadrangulaire.

À l’est du four quadrangulaire, se trouve un grand four très arasé qualifié de cylindrique. Cependant, d’après les documents disponibles, les vestiges conservés sont plus vraisemblablement ceux d’un four doté d’un canal de chauffe et d’un laboratoire de cuisson ovale ou piriforme, dont il ne reste que les fondations (5). La largeur maximale du laboratoire s’élève à 2 m et la longueur conservée du canal et de l’alandier est de 4 m. À Lezoux, ce type de four est daté de la première moitié du IIe siècle.
Les observations réalisées durant la fouille indiquent qu’il serait construit sur un autre four rectangulaire. Dans le comblement de la structure, de la sigillée lisse et moulée, des moules signés entre autres LIBERTVS et BVTRIO, des fragments à relief d’applique et des moules de lampes ont été retrouvés.

À l’ouest du bâtiment et des précédents fours, une autre structure de cuisson à l’alandier intact mais à la voûte effondrée a été fouillé par Gabriel Fournier. À proximité, à l’ouest, une fosse est creusée dans le sable et remplie d’argile.

Des aires de préparation de l’argile

À l’est du secteur fouillé, une grande aire dallée a été observée (6). Elle est aménagée au moyen de tuiles positionnées le rebord vers le haut. Interprétée à l’époque comme une aire de séchage, elle correspond davantage à une aire de préparation de l’argile. Son installation est postérieure au début du IIe siècle, d’après la monnaie de Trajan retrouvée dans un niveau sous-jacent. D’après les plans produits à l’époque, une seconde aire dallée semble avoir été découverte à l’est des fours, non loin d’un dépotoir. Les tuiles semblent avoir été, cette fois-ci, positionnées le rebord contre le sol.

L’abandon du four quadrangulaire est marqué par l’aménagement d’un troisième dallage de tuiles assez fragmentées, placées le rebord tourné vers le haut d’après les photos du fonds d’archives. Cette autre aire de préparation de l’argile est datée du milieu du IIe siècle.

Autres vestiges

Quatre dépotoirs ont également été vus. Au moins l’un d’entre eux a livré des céramiques datées des deux premiers siècles de notre ère.
Totalement à l’est de l’ensemble des vestiges précédemment décrits, une conduite d’eau constituée d’une double canalisation en terre cuite a été dégagée sur 8 m (7).

À l’ouest des fours, entre ces derniers et la grande aire de préparation de l’argile, un coffre en tuiles a été mis au jour ; rien n’a été trouvé à l’intérieur, mais il est interprété comme un coffre funéraire (8). Un peu plus à l’ouest, un mur en place contenait, semble-t-il, une meule complète.

Bibliographie utilisée

  • Fournier 1965 : FOURNIER P.-F., Circonscription de Clermont-Ferrand, Gallia, 23-2, 1965 : 389-411.
  • Vertet 1963 :VERTET H., Campagne de fouilles de Mars-Avril 1963, Rapport d’opération archéologique, 1963, 4 p.
  • Vertet 1969 : Vertet H., Les fouilles officielles, Bulletin du Comité archéologique de Lezoux, 2, 1969 : 12-21.
  • Vertet 1979 : VERTET H., Les fours de potiers gallo-romains du Centre de la Gaule, Acta praehistorica et archaeologica, 9/10, 1978/1979 : 145-157.

Fonds Hugues Vertet

Carnet/notes de fouilles : 2 carnets (1963)
Clichés photographiques : - diapositives (1963)
- tirage papier : 355 ex. (dont doubles ; 1963)
- planches contact : 1 pl. (1963)
Thèmes : vestiges ; mobilier ; ambiance
Documents graphiques : - plan général des vestiges : - plan des vestiges (1963)
- plan cadastral
- relevés des vestiges : - en plan : 1 pl. (1963)
- en coupe : 1 pl. (1963)
- dessin de mobilier : - céramique : 1 pl. (1963)
- frottis de décor moulé : 8 décors (1963)
Travaux : inventaire céramique (1963)
Rapport d’opération : 1963 (texte)
Documents administratifs : - autorisation de fouille (1964)
- demande de subventions (1963)
- factures/dépenses (1963)
- équipe de fouille (1963)
Autre : - notes sur la découverte d’un chapiteau
- notes sur des mesures géophysiques
- notes sur les moyens mis en œuvre pour la protection des vestiges

Direction générale de l'Aménagement et du Territoire

Article mis à jour le 17 septembre 2018