1975

La fouille est menée à l’occasion de l’agrandissement du cimetière de Lezoux, à l’entrée du bourg le long de l’actuelle route départementale D 2089, dans le quartier des Saint-Jean. Ce secteur correspond vraisemblablement à l’emplacement d’une ancienne église éponyme.

Sommaire

Descriptif des découvertes

Ce site est principalement connu pour les tombes à caractère exceptionnel mises au jour, datées de la fin de l’Antiquité. Les vestiges d’un bâtiment antique et d’une cave médiévale complètent les découvertes.

Un an auparavant, en 1974, les traces d’un atelier de potiers avaient été mises au jour à proximité, lors de la construction de la route départementale (site n° 19).

Un bâtiment antique

Le bâtiment antique est matérialisé par un niveau de sol en mortier, qui a livré de nombreux fragments de sigillées et de moules. Le tout était recouvert d’un niveau de démolition, dans lequel sont installées deux tombes à inhumations de la fin de l’Antiquité.

Un ensemble funéraire

D’après les relevés en plan et les photos du fonds Hugues Vertet, une vingtaine de sépultures ont été mises au jour. Parmi elles, figure une incinération datée de l’époque tibérienne. Toutes les autres correspondent à des inhumations, pour la plupart attribuables à la fin de l’Antiquité d’après leur architecture funéraire (1). L’utilisation de coffres et d’aménagements à l’aide de pièces en bois est suggérée par la présence de clous dans les fosses. Dans certains cas, les tombes sont matérialisées par des petits blocs de pierre non taillés. Au sein d’un petit enclos funéraire, deux défunts semblent avoir été placés sur des claies ou des planches en bois posées sur deux blocs de pierre, d’après les observations réalisées lors de la fouille. Une autre sépulture semble avoir été installée sur un lit de tegulae. Un sarcophage trapézoïdal a également été retrouvé.

La plupart des inhumations n’ont livré aucun mobilier qui se rapporterait à un dépôt funéraire ou à des effets personnels du défunt. Deux tombes, une féminine l’autre masculine, installées dans les déblais du bâtiment antique, présentent en revanche un caractère exceptionnel pour la région, du fait des bijoux et des accessoires vestimentaires qui leur sont associés. Ceux de la tombe féminine, d’influence danubienne, se rapportent au deuxième tiers du Ve siècle, tandis que ceux de la tombe masculine sont de type franc et datables du deuxième tiers du VIe siècle. Ces deux ensembles témoignent du caractère privilégié des sépultures et du statut probablement élitaire des défunts.
La femme portait six pendentifs trilobés en or (montés en collier ou cousus sur sa tunique) et un sautoir de perles en pâte de verre. Deux fibules ansées de type wisigothique en tôle d’argent ont été retrouvées au niveau des épaules, ainsi qu’une fibule ronde recouverte de feuilles d’or et sertie en son centre d’une perle en pâte de verre bleue (2). Trois anneaux (en argent, bronze et calcédoine) figuraient au niveau de la main gauche et le poignet droit portait un bracelet de 12 perles en pâte de verre, en ambre, or et argent (3). Sur le bras droit, les éléments d’une bourse ont également été retrouvés : plus de 2000 petites perles en pâte de verre étaient cousues avec six glands en alliage cuivreux sur le tissu (disparu) de la bourse.
L’homme défunt portait une ceinture dont il restait la boucle ovale à ardillon scutiforme, deux rivets ronds et un rivet scutiforme, en argent doré. Au niveau du bassin, se trouvaient les restes d’une aumônière constituée d’un fermoir en fer cloisonné d’or, de grenats et de pâte de verre (4) associé à une boucle en alliage cuivreux. L’aumônière semble avoir contenu plusieurs petits objets, dont une demi-monnaie en bronze, une pince à épiler en alliage cuivreux et du petit mobilier en fer en mauvais état de conservation.

La superposition de certaines inhumations, l’architecture funéraire utilisée (dont un sarcophage trapézoïdale) et le rare mobilier associé aux sépultures indiquent une utilisation funéraire de ce secteur sur une longue période, comprise entre le Ier siècle et le haut Moyen Âge.

Une cave médiévale

Le secteur est occupé jusqu’au Moyen Âge durant lequel une cave est bâtie en torchis. Elle a subi un incendie au XIIIe siècle, d’après les mesures archéomagnétiques réalisées par E. Thellier, professeur et directeur de l’Institut de Physique du Globe. 

Bibliographie utilisée

  • Vertet 1975 : VERTET H., Fouilles de Lezoux 1975. Rapport, plans, photos, Rapport d’opération archéologique, 1975, 11 p., 13 pl.
  • Vertet, Duterne 1999 : VERTET H., DUTERNE Y., Tombes mérovingiennes du cimetière Saint-Jean de Lezoux (Puy-de-Dôme), dans FIZELLIER-SAUGET B. (dir.), L’Auvergne de Sidoine Apollinaire à Grégoire de Tours. Histoire et Archéologie, Actes des XIIIe journées internationales d’archéologie mérovingienne, Clermont-Ferrand, 3-6 octobre 1991, Clermont-Ferrand : Institut d’Études du Massif central, XIV, 1999 : 337-349 (Mémoires AFAM, 12).

Fonds Hugues Vertet

Notes de fouilles : 7 p.
Clichés photographiques : - diapositives
- tirage papier : 16 ex.
- planches contact : 1 pl.
thèmes : vestiges ; mobilier ; ambiance
Documents graphiques : - plan général des vestiges : - plan de masse
- carroyage
- relevés des vestiges : - en plan : 44 pl
- en coupe : 13 pl.
Travaux : - étude anthropologique
- archéomagnétisme
Rapport d’opération : texte

Direction générale de l'Aménagement et du Territoire

Article mis à jour le 17 septembre 2018