1965-1967

De nombreux fours de potiers ont été mis au jour sur le terrain Lasteyras. Parmi ceux présentant un bon état de conservation, se trouvent un petit four ovalaire du milieu du Ier siècle et un « four-canal » de la seconde moitié du IIe siècle.

Sommaire

Descriptif des découvertes

Cet ensemble, qui appartient au groupe des ateliers de Saint-Taurin, se trouve immédiatement au nord du site de la ZAC de l’Enclos qui, vingt ans plus tard, livrera entre autres une douzaine de fours de potiers (opération dirigée par Philippe Bet entre 1983 et 1987).

Prospection géophysique

Sur le terrain Lasteyras, une prospection géophysique a été menée peu avant le commencement des fouilles au moyen d’un magnétomètre à protons.
Réalisée par M. Scheid de l’Institut de Physique du Globe, elle visait à détecter les éventuels vestiges d’ateliers contenus dans le sous-sol de la vaste parcelle (plus de 2000 m²). La fouille s’est ensuite déroulée sur les secteurs ayant livré des anomalies.

Fours de la période tibérienne

Un ensemble de six fours de la période tibérienne a été dégagé sur le sud de la parcelle. Ces structures semblent s’être rapidement succédées dans le temps, beaucoup se recoupent et seul leur fond est conservé. Aménagés dans le substrat sableux, les fours ovalaires sont bâtis au moyen de parois en argile établies sur une base de tuiles et de briques.
L’un d’eux possède encore la trace des trois piliers supportant la sole (1). À proximité, un mince niveau de remblai installé postérieurement aux fours a livré de nombreux fragments de moules et des sigillées du potier TITOS (milieu du Ier siècle), ainsi que des assiettes Drag. 29.

Cet ensemble a fonctionné conjointement à un autre four découvert plus au nord et mal conservé. Le tout est associé à plusieurs niveaux de sol et à des dépotoirs. L’un d’eux semble avoir été rapidement comblé au début du Ier siècle. Il contenait des déchets de fabrication (moules brisés, ratés de fabrication), dont une série de céramiques inconnues jusqu’alors (notamment des sigillées et des gobelets de type ACO) ou que l’on ne pensait pas être de production lezovienne. 24 estampilles, pour la plupart nouvelles, sont alors recensées. L’une d’elles imite une monnaie à l’effigie de l’empereur Tibère.
Ce dépotoir est en partie recoupé par le creusement d’une cave de 4,10 m de côté. Celle-ci est occupée durant la seconde moitié du Ier siècle d’après les sigillées retrouvées piégées dans son niveau de sol, puis est remblayée vers le milieu du siècle suivant.

Des potiers en activité jusqu'au milieu du 1er siècle

Les potiers sont toujours actifs au milieu du Ier siècle, comme en témoigne la présence d’un petit four à chambre de cuisson ovalaire (2). De taille modeste (moins d’un mètre de largeur), il est creusé dans le sable et doté de parois d’argile. La sole, qui a disparu, repose sur un mince rebord. L’alandier, bien conservé, est voûté de tuiles et doté d’une façade construite à l’aide de pierres, de tuiles et de fragments de dolium. Des sigillées de forme 29 à décor végétal ont été retrouvées dans les cendres de la chambre de cuisson et, dans le comblement de la structure, des productions de TITOS ainsi que des parois fines engobées.
La fosse permettant l’accès à l’alandier est à un moment donné réoccupée par une tombe d’enfant en bas-âge qui comportait trois moules de sigillée Drag. 29.

Production de siguilée attestée

Sur le site, la production de sigillée est attestée par la découverte d’un four canal attribué à la seconde moitié du IIe siècle (3). La salle de chauffe est trapézoïdale et fermée par un mur en pisé, tandis que les murs latéraux sont maçonnés. L’alandier et le canal cumulent 5 m de longueur. Vraisemblablement voûté, l’alandier est bâti au moyen de tuiles liées à de l’argile et pavé de dalles en terre cuite. La sole n’est pas conservée. Des prélèvements de tessons et d’argile ont été réalisés par le professeur Maurice Picon, du laboratoire d’archéologie gallo-romaine de Lyon.
Sous la chambre de chauffe du four, un puits a été découvert. Bâti au moyen de pierres et de terres cuites architecturales (briques, tuiles), il fait moins d’un mètre de diamètre et a été en partie arasé par la construction du four.
Une aire de préparation de l’argile, consistant en un vaste dallage de tuiles (4), et un dépotoir découvert immédiatement à l’est du four canal, peuvent être associés à cette période de production.

Moules de figurines en terre blanche

Enfin, près du mur sud de la parcelle fouillée, une grande fosse contenait des moules de figurines en terre blanche, les premiers à être trouvés à Lezoux. Des éléments de démolition, des céramiques à parois fines engobées, un fragment de moule du potier LIBERTVS et des vases de la Graufesenque ont également été découverts.

Bibliographie utilisée

  • Vatin 1967 : VATIN C, Circonscription d’Auvergne et Limousin, Gallia, 25-2, 1967 : 297-325.
  • Vertet 1968 : VERTET H., Influence des céramiques italiques sur les ateliers arvernes au début du Ier siècle, Revue archéologique du centre de la France, 7-1, 1968 : 23-34.
  • Vertet 1970 : VERTET H., Les fouilles officielles, Bulletin du Comité archéologique de Lezoux, 3, 1970 : 9-13.
  • Vertet 1979 : VERTET H., Les fours de potiers gallo-romains du Centre de la Gaule, Acta praehistorica et archaeologica, 9/10, 1978/1979 : 145-157.

Fonds Hugues Vertet

Carnet/notes de fouilles : 3 carnets (1965 ; 1966 ; 1967) ; 34 p. de notes (1965 ; 1966 ; 1967 ; année inconnue)
Clichés photographiques : - diapositives : 1965 ; 1966 ; 1967
- tirage papier : 305 ex. (dont doubles ; 1965 ; 1966 ; 1967 ; année inconnue)
- planches contact : 7 pl. (1966)
thèmes : vestiges ; mobilier ; ambiance
Documents graphiques : - relevés des vestiges - en plan : 11 pl. (dont doubles ; 1965 ; 1966)
- en coupe : 11 pl. (dont doubles ; 1965 ; 1966)
- dessin de mobilier - céramique : 10 pl. (1965 ; 1966)
- frottis de décor moulé : 101 décors (1965 ; 1966 ; 1967 ; année inconnue)
Travaux : - inventaire céramique (1965 ; 1966 ; 1967)
- recherches sur TITOS
- thermoluminescence : 1965
Rapport d’opération : 1965 (texte) ; 1966 (texte et planches) ; 1967 (texte et planches ; brouillon)
Autre : coupure de presse (1966)

Direction générale de l'Aménagement et du Territoire

Article mis à jour le 17 septembre 2018