Qu'est-ce que le raku ?
Une technique de cuisson de poterie d'origine japonaise,développée au Japon dans la seconde moitié du XVIe siècle, et initiée par la création de bols pour la cérémonie du thé.
De la couleur, cette exposition n'en manque pas.
Des artistes célèbres non plus : Mayodon, Dufy, Bonifas, Picasso, Ramié, Deblander, Bayle mais aussi Azaïs, Ross, Danhieux, Grison, Casseau, Dessauvage, Defer, Gentil, Pasquer, Buraud, Girel, Hermans.
Sommaire
©Jean Girel copyright Adagp 2018

Bol la céramique selon Jean Girel
©Jean.Girel

Bol de Valérie Hermans
©Alain Maillot CD63 copyright Adagp 2018

Pierre Bayle
Méditerranéen, sensible à la culture antique, Pierre Bayle (1945-2004) fait des essais à partir de tessons antiques, après avoir vu dans des musées des pots « d’apparence modeste … qui lui semblaient mériter le statut d’œuvres d’art ».
Il rencontre Jean Montagu auprès de qui il expérimente la technique gréco-romaine de la terre engobée. Son influence, qui s’étend à de nombreux céramistes, a permis un renouveau d’intérêt pour les anciennes méthodes de cuisson à basse température et d’enfumage. Il demeure aujourd’hui une référence de l’art céramique de la seconde moitié du XXe siècle.
©Alain Maillot CD63 copyright Adagp 2018

Robert Deblander, la rigueur des volumes
Robert Deblander (1924-2010) est une personnalité incontournable de la céramique française de la seconde moitié du XXe siècle. Ses pièces reconnaissables par la rigueur des volumes, la netteté des lignes, l’emploi de couleurs nouvelles constituent un nouveau style qui, cependant, semble avoir une lointaine parenté avec l’Antiquité.
Voici d’ailleurs ce qu’il écrivait en 2001 : « Un demi-hasard me conduisit à Saint Amand en Puisaye (…) Je n’ai eu de regard pour la Poterie que plus tard, quand j’ai découvert cet art secret, modeste, ignoré, des traditionnels, des Chypriotes, des Gaulois de Limagne, des tourneurs de cruche en grès, des faïenciers italiens, des Chinois et des Japonais, bien sûr. »
©Adagp 2018

Raoul Dufy-Josep Llorens Artigas
Artigas et Dufy se rencontrent à Paris en 1922. Dufy vient à l’atelier d’Artigas (qui a raté son rendez-vous avec Picasso), s’y installe et son premier essai fut de peindre une baigneuse écoutant la rumeur d’une conque. La décoration de céramiques par des peintres est alors à la mode. Tels le peintre Klitias et le potier Ergotimos
, les deux artistes s’associent dans un travail en commun, produisant vases et « jardins de salon » pendant plus de dix ans.
Artigas et Dufy recherchent ensemble la forme des vases. Dufy appose le décor sur un vase émaillé blanc avec un pinceau à main levée, quelquefois avec un poinçon, dessinant cet univers de naïades, poissons, palmiers, conques, baigneuses qui caractérise son œuvre.
Artigas, sensible à la matière, évoque son travail : « Je saisis la forme primitive : celle que fournit le tour. Ainsi, les formes que je travaille s’apparentent à celles des céramiques primitives de tous les pays et de toutes les civilisations… Mon travail d’invention personnelle est dans les émaux et dans les couleurs : c’est dans ce domaine-là que je cherche en effet du nouveau ».
©Alain.Maillot/CD63

Jean-Paul Azaïs
Après des études de géologie, de biologie et un diplôme de pharmacien, Jean-Paul AZAÏS se lance en 1979 dans la profession de céramiste.
Depuis plus de quarante ans, ce passionné observe, expérimente patiemment et améliore les gestes de son métier. Ses céramiques sont le fruit d’une longue et ardente recherche qui l’a conduit à élaborer des techniques inédites. Ses œuvres d’ocre et de fumée témoignent de son aspiration et de son regard. Les couleurs naissent de ses relations avec la terre et de la cuisson au feu de bois.
Dans son atelier Terres d’Aspre, en Catalogne, Jean-Paul AZAÏS revisite la céramique antique et créé des œuvres aux formes simples qui célèbrent la flaque et la fumée, des pièces d’argile et de lumière mêlant tradition et modernité.
Grâce à l’étude approfondie d’une flaque d’eau boueuse, il explique par exemple le principe d’un vernis naturel d’argile proche de celui vitrifié des sigillées gallo-romaines, en cohérence avec les analyses récentes des laboratoires du CNRS.
©Jean-Paul Azaïs

Quelques œuvres de Jean-Paul Azaïs
©serge.Seguin/CD63

« Les objets que je modèle, engobés parfois, gravés, perforés de constellations sont lissés, polis avec patience jusqu’à l’obtention d’une brillance parfaite avant la cuisson. La cuisson dans la sciure est dérivée des cuissons dites «primitives basse température» qui conservent à la forme son état initial et révèlent le noir intégral que je recherche. Il s’agit d’une chaleur «enveloppante», un «feu noir» qui couve, tranquille, s’accompagnant d’un dégagement de fumée qui fixe sur l’épiderme de la terre ce noir profond comme une laque et dont la brillance capte la lumière.
Ces volumes présentent des caractéristiques spécifiques. Proches de la sphère et des polyèdres platoniciens et de leurs déclinaisons à l’infini, leur symétrie, leur non polarité amènent l’idée de mobilité, de multiplicité et d’apesanteur. »
Nadia Pasquer
©Serge.Seguin/AD63

D’origine britannique, Alistair Danhieux découvre la céramique en Puisaye, où il exerce encore aujourd’hui après sa formation au CNIFOP.
Il se lance d’abord dans la création d’œuvres en raku nu. Marqué par les œuvres de Deblander, il recherche la rigueur et la pureté des formes, avec un intérêt pour le graphisme et les variations sur des tons blancs et noirs.
Pour introduire la couleur, il s’approprie une technique plus proche de la sigillée, se référant aux céramiques de Pierre Bayle ou de Jean-Paul Azaïs. Dans ces créations, le céramiste cherche les effets de matière et, avec ses formes douces aux tons chauds, propose une approche très personnelle qui ré-invente de façon étonnante la terre sigillée.
©Alain.Maillot/CD63
Potier depuis 1968, Jean-Jacques Gentil s’est installé près de Blesle en Haute Loire en 1999.
L’une de ses passions porte sur l’engobe, cette « peau » obtenue à basse température (relativement à la cuisson du grès ou de la porcelaine) à partir de la plus simple des argiles qu’on aura su préparer. Comme chez Pierre Bayle et d’autres prédécesseurs dans l’invention de la sigillée contemporaine, on aperçoit dans son travail les influences de deux mondes : celui de la céramique antique, ou plus largement des traditions qui ont exploité le potentiel des engobes, et celui de la tradition japonaise acclimatée en Occident.
Dans les pièces produites selon cet esprit, en employant les techniques du raku, de l’enfumage, le « rouge » (ici, jaune, orange ou rose…) et le noir se mélangent sans règle ou tracé préétablis. Ces céramiques ne sont jamais uniformément rouges ou noires. Les adeptes de la sigillée contemporaine produisent en somme des pièces qu’un potier de Lezoux romanisé aurait jetées au dépotoir…
Une technique de cuisson de poterie d'origine japonaise,développée au Japon dans la seconde moitié du XVIe siècle, et initiée par la création de bols pour la cérémonie du thé.
Picasso fréquentait fréquemment les musées, notamment le Louvre et il se documentait abondamment. Il n'est pas étonnant que ses céramiques soient inspirées de l'Antiquité.
©Succession Picasso 2018 /CNAP/Cécil Mathieu.

Coupe personnages Pablo Picasso - 1956, FNAC 1559
pot-structure, signé sur le fond « Tjok Dessauvage, Winkel, Lezoux, 2007, 3-14
Série de quatre pièces réalisées pour l’inauguration du musée départemental de la céramique (14 mars 2007)
Cet artiste vit et travaille en Belgique, c'est un des grands représentants de la terre sigillée en Europe. Comme Duncan Ross ou Alison Kay, cette technique correspond pour lui à l’emploi d’argiles extrêmement fines, longuement décantées qui seront apposées sur la forme.
Cependant, c’est bien l’observation des productions sigillées antiques, mais aussi des productions romaines de Gaule Belgique, terra nigra et terra rubra , qui l’amène sur cette piste des engobes.
C'est un revêtement à base d'argile délayée appliqué sur une céramique pour en modifier la couleur naturelle. (Source Wikipédia)
Direction générale de l'Aménagement et du Territoire
Article mis à jour le 20 novembre 2024


